France-Afrique du Sud : fin de match libératrice, pluie de cartons rouges et de commotions… Ce que l’on a aimé et moins aimé lors de la victoire des Bleus

Ils sont irrésistibles. Si tout n’a pas été parfait, les Bleus ont fait plier les champions du monde sud-africains (30-26), samedi 12 novembre à Marseille, au terme d’un match d’une âpreté rare. Les deux essais de Cyril Baille (21e) et Sipili Falatea (74e) ont permis aux Français d’étendre leur série à douze succès de rang. Retour sur les bons et mauvais points de cette rencontre.

On a aimé

Habitués à harceler, acculer leurs adversaires jusqu’à les faire céder, les Sud-Africains ont été pris à leur propre jeu dans une fin de match étouffante. Le défi physique imposé par les Bleus, fait de charges au ras, a fait plier des avants pourtant « très costauds », dixit Anthony Jelonch en fin de match. Un ballon porté a d’abord contraint Deon Fourie à commettre une faute justement sanctionnée d’un carton jaune (70e), avant que Sipili Falatea ne concrétise au près (74e). Sans jamais tomber dans l’euphorie, les Bleus ont ensuite maîtrisé leurs émotions – malgré un échec de Thomas Ramos au pied – pour conserver leur avantage, dans une configuration similaire au premier test remporté contre les Australiens (30-29 samedi dernier).

Handre Pollard sur le flanc, les Springboks étaient, à première vue, dépourvus de buteurs de métier. Le feu follet Cheslin Kolbe, tout sauf un spécialiste, s’y est collé. Avec du cran, l’ailier toulonnais a enroulé une superbe frappe à 45 mètres en coin pour se mettre en confiance. Deux autres coups de pied ont suivi, avant que Faf de Klerk ne prenne le relais après la sortie de Kolbe. Un intérim réussi avec brio : d’une transformation en coin puis d’une pénalité lointaine dans l’axe, il a contribué au retour des siens dans le second acte… avant d’être lui-même relayé par Damian Willemse, qui a réussi sa seule tentative.

Avec trois contres dans les premières minutes, la touche française a frustré l’alignement sud-africain d’entrée. Mais c’est surtout sur leurs propres lancers que les Bleus ont rayonné dans les airs, à l’exception d’une touche égarée (70e) sur onze lancers. Cette phase de jeu a été à l’origine des deux essais bleus. Une attaque en première main a rapproché les Français de la ligne, jusqu’à l’essai de Baille (21e).

La libération, apportée par un autre pilier, Falatea, est également venue d’une combinaison après un lancer de Mauvaka, non sans un bon relais de Lucu. Ajoutez-y le jaune de Deon Fourie provoqué sur un ballon porté, et vous obtenez l’une des bases de ce succès. Une constante, puisque depuis novembre 2021, 53% des essais français sont intervenus après une touche.

On a moins aimé

Pénalisés 12 fois, les Bleus sont retombés dans des travers que l’on pensait gommés lors du dernier Tournoi des six nations. Cette indiscipline, notamment observée sur des rucks et des ballons portés sud-africains, a maintenu les Springboks dans la partie. Elle a surtout été exacerbée par le carton rouge logiquement reçu par Antoine Dupont, pour une charge sur Kurt-Lee Arendse alors en l’air et retombé sur la tête (48e). Mais les Bleus ont su effacer ce problème chronique au moment le plus opportun : sur la dernière action sud-africaine, le grattage de Yoram Moefana, licite, a fait exulter le Vélodrome.

Avant Dupont, le flanker sud-africain Pieter-Steph Du Toit s’est rendu coupable d’un déblayage très dangereux à la 11e minute. A l’entrée des 40 mètres français, le numéro 7 est intervenu dans un ruck pour faciliter la libération du ballon. Mais son épaule, dans un élan non maîtrisé, a directement atteint la tête de Jonathan Danty, qui participait à cette mêlée ouverte. Le choc, très violent mais pas perçu par Waynes Barnes de prime abord, a logiquement entraîné l’expulsion de Du Toit. Quant au centre de La Rochelle, cloué au sol pendant de longues secondes, il a été victime d’une fracture du plancher orbital et n’a pu finir le match.

Symbole d’un premier acte particulièrement rugueux, Danty n’a pas été le seul joueur à quitter ses partenaires prématurément. Comme lui, Uini Atonio et Thibaud Flament côté français, Bongi Mbonambi et Cheslin Kolbe côté springboks ont suivi un protocole commotion. La situation, désolante, a même viré à la caricature, lorsqu’une file d’attente a été improvisée dans les couloirs du Vélodrome pour répondre aux questions des neurologues en fin de premier acte. La scène traduisait surtout l’âpreté d’une partie marquée par un combat de tous les instants.


Continuer à lire sur le site France Info

%d blogueurs aiment cette page :