Trois questions sur l’activation du niveau 2 du plan « hôpital en tension » en Ile-de-France

« La situation est grave. » Le président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, Rémi Salomon, a alerté, mercredi 23 novembre, sur l’« encombrement » préoccupant des urgences en Ile-de-France. Face à une épidémie de bronchiolite « assez forte cette année » et un « manque de lits » et de « personnel », il a confirmé l’activation du niveau 2 du plan « hôpital en tension » de l’AP-HP, révélée mardi par France Inter.

Qu’est-ce que le plan « hôpital en tension » ?

Le plan « hôpital en tension » est un « dispositif d’organisation propre à chaque établissement ». Il est « distinct du plan blanc » et « peut [le] précéder », expose l’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap).

Ce plan est destiné à répondre aux « situations de saturation des capacités d’accueil » des établissements hospitaliers. Au sein de l’AP-HP, il comporte trois niveaux d’activation, en fonction de l’intensité des tensions rencontrées : le niveau 1 de « tension avérée », le niveau 2 de « tension accentuée » et le niveau 3 pour une « tension de grande ampleur ou prolongée », détaille une note de l’Inspection générale des affaires sociales (PDF) publiée en décembre 2019.

Le premier niveau implique ainsi l’activation d’une cellule de veille, avec une réunion hebdomadaire, et un suivi renforcé des données d’activité et de disponibilité des lits.

A quoi correspond le niveau 2 du plan de l’AP-HP ?

Au niveau 2 du plan, la tension est officiellement considérée comme « avérée ». Dès lors, « la cellule locale de veille s’élargit et se transforme en cellule de crise », détaille l’Igas. La réunion de cette cellule passe à un rythme quotidien. Plus concrètement, « les patients des services de médecine peuvent être déprogrammés, les admissions en chirurgie sont modulées, des renforts peuvent être demandés aux professionnels d’un autre secteur d’hospitalisation ».

Lundi, les chefs de service des principaux établissements parisiens avaient déjà reçu pour consigne d’engager des déprogrammations médicales, selon L’Express. « Nous avons conscience de la difficulté de cet exercice et des tensions que cela peut générer au sein de la communauté médicale », avait reconnu l’AP-HP, qui expliquait sa décision par « un pic inédit » de 188 lits-brancards utilisés dans les urgences adultes, faute de lits. Des nonagénaires se sont ainsi retrouvés dans des couloirs pendant 20 heures.

Confirmant un « débordement des urgences », Rémi Salomon dit s’inquiéter d’une hausse du « niveau de stress » des soignants, avec « le risque, effectivement, qu’il y ait de temps en temps un drame ». Le passage au niveau 2 doit permettre d’éviter une telle issue. Selon France Inter, les déprogrammations d’opérations non urgentes vont se multiplier dans les prochains jours.

Que peut-il se passer en cas d’aggravation ?

Le dernier échelon prévu dans le plan « hôpital en tension » de l’AP-HP, le niveau 3, peut être activé en cas de tension « prolongée ou de grande amplitude ». Cela s’était notamment produit en janvier 2017, en raison d’une importante épidémie de grippe. La direction du groupe hospitalier avait alors évoqué « l’installation de lits supplémentaires », « la déprogrammation de certaines activités programmées » ou encore « la conversion d’hôpitaux de jour ou de semaine en lits d’hospitalisation complète ».

Une autre possibilité est l’activation du « plan blanc ». Une telle décision a été prise en Ile-de-France lors de la crise du Covid-19, notamment en décembre 2021. Alors que les établissements franciliens n’en étaient encore qu’au niveau 1 du plan « hôpital en tension », l’Agence régionale de santé leur avait demandé le « déclenchement généralisé de ces plans blancs ». L’ARS avait alors cité « des déprogrammations » et la possibilité de « réorganiser les plannings des personnels pour assurer la continuité des soins ». Ce dispositif est plus « lourd » que celui d' »établissement en tension », note le site du ministère de la Santé.

Pour éviter d’en arriver là, Rémi Salomon, a lancé, mardi, sur Twitter, un appel aux Français. « La grippe arrive, le Covid remonte, les hôpitaux sont déjà saturés, a-t-il listé. Plus que jamais, la vaccination contre la grippe est recommandée, surtout si vous avez plus de 60 ans ou si vous avez une maladie chronique. Rappel du vaccin contre le Covid aussi ! Et faut-il rappeler que le masque et l’aération permettent de diminuer la transmission de tous ces virus ? »


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