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En Aveyron, l’écrevisse à taches rouges d’Amérique met en péril la biodiversité

La fin de la Cop15 ce lundi 19 décembre consacrée à la fin de l’érosion de la biodiversité est l’occasion de se pencher sur l’une de ses plus grandes menaces : les espèces exotiques invasives. Dans l’Aveyron, l’écrevisse à taches rouges menace tout un écosystème depuis 3 ans.

La Cop15 se termine ce lundi 19 décembre. Elle doit permettre l’adoption d’un nouveau cadre stratégique mondial afin de mettre un terme à l’érosion de la biodiversité. Parmi toutes les menaces pesant sur cette dernière, les espèces exotiques envahissantes (EEE) figure une bonne place. Par leur prolifération, elles sont une véritable menace sur les écosystèmes qu’elles colonisent, comme l’écrevisse à taches rouges qui émerge en Aveyron.

Depuis 3 ans, ce petit crustacé américain se sent comme chez lui dans les rivières aveyronnaises. 

Vorace, agressive, chaque fois qu’elle est introduite dans un nouveau milieu, cette dernière détruit complètement son écosystème. “C’est l’une des écrevisses la plus envahissante du monde”, alerte Marion Sudres, directrice du syndicat mixte de bassin versant Aveyron Amont. “Son besoin énergétique est supérieur aux autres écrevisses, sa population est dense et elle a un fort impact sur la population des autres écrevisses, sur la faune et la flore aquatique.” De plus, cette écrevisse est porteuse saine de la peste de l’écrevisse. 

Malgré une enquête réalisée par l’OFB, l’Office Français de la Biodiversité, il est impossible aujourd’hui de déterminer les conditions dans lesquelles cette écrevisse s’est retrouvée dans un cours d’eau de l’Aveyron (volontaire ou accidentelle).

La Faxonius Rusticus est apparue pour la première fois en 2019 et rapidement, l’Aveyron est devenu le premier foyer européen pour cette espèce exotique envahissante. Le crustacé se développe principalement sur un plan d’eau et dans un cours d’eau en aval de celui-ci. 

Dès sa découverte, des campagnes d’éradication ont été menées sur le département afin d’en sauvegarder la biodiversité. Celles-ci sont toujours en cours. “Nous mettons en place des méthodes poussées pour les capturer et les détruire”, explique Marion Sudres. “Ce sont des opérations à la main ou via des pièges pour ne détruire que cette espèce invasive.” 6 269 individus ont été capturés et détruits depuis le début de l’opération. 

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Il est encore trop tôt pour analyser le succès ou non de ces opérations. “Nous considérons qu’il y a encore un espoir de l’éradiquer et d’éviter sa propagation à d’autres cours d’eau”, réagit Stéphane Charretier, de l’Office Français de la Biodiversité. 

Ces campagnes d’éradication sont menées avec la Fédération de pêche de l’Aveyron, l’agence de l’eau Adour Garonne et la DREAL. Elles relèvent des actions “coups de poing” de lutte contre les espèces exotiques envahissantes du ministère de la Transition écologique.    


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