« Si nous avions pu faire autrement, nous n’aurions pas risqué ce trajet » : arrivés au Texas, des migrants vénézuéliens témoignent de leurs difficultés

Depuis octobre, rien qu’à El Paso, au Texas, plus de 110 000 personnes venues surtout du Venezuela, mais aussi d’Haïti, de Cuba et du Nicaragua ont traversé le fleuve Rio Grande pour demander l’asile aux États-Unis.

Dans un hangar de Houston, des dizaines de personnes cherchent leur bonheur parmi les vêtements, le linge ou les jouets. Emili est arrivée il y a quatre mois et comme tout le monde ici, elle a fui une situation politique, économique et sécuritaire catastrophique au Venezuela. Depuis octobre plus de 110 000 personnes ont traversé le fleuve Rio Grande rien qu’à El Paso, pour demander l’asile aux États-Unis. Ils viennent d’Haïti, de Cuba, du Nicaragua, mais sont en majorité des Venezueliens.

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Face à l’afflux, le président américain Joe Biden a annoncé de nouvelles règles migratoires plus restrictives, qui obligent les migrants à prendre un rendez-vous via une application sur téléphone à un des points d’entrée aux États-Unis pour y présenter leurs documents de demande d’asile.

Tous ceux qui ne suivent pas cette procédure seront automatiquement expulsés et interdits d’entrer à nouveau sur le territoire américain. En contrepartie, le président américain a aussi promis 360 000 autorisations d’entrer sur le territoire et trois fois plus de droits d’asiles accordés chaque année. Soit seulement 20 000.

« J’ai toujours pensée à venir aux États-Unis, avec des papiers légitimes, mais la situation est devenue telle qu’on a dû venir maintenant, sans papiers. »

Emili

à franceinfo

Diana Mendt a créé l’association « Accion social venezuela ». Cette architecte trie tous les dons et les donne aux migrants, qui depuis juin, arrivent par milliers. « Beaucoup de migrants viennent, beaucoup d’autres vont arriver et ils doivent être aux États-Unis parce qu’ils ne sont pas en sécurité au Venezuela », explique-t-il.

Renso, lui, a mis un mois et demi pour parvenir avec sa femme et ses enfants à la frontière américaine. Il remercie le ciel d’y être arrivé indemne. Comme tous, il aurait préféré pouvoir arriver en avion, après avoir pris rendez-vous via une application. « Bien sûr, soupire-t-il, si nous avions eu la possibilité de le faire, nous l’aurions fait. Nous n’aurions pas risqué ce trajet et le désespoir et la tristesse que nous avons vues et vécues en venant à pied. »

Mais cette mesure de Joe Biden facilitant les expulsions est accueillie froidement par ceux qui sont investis dans la cause des migrants, comme Natalie Jones. « Je trouve cela infect, ils ont oublié leur principe d’humanité tout bonnement », dénonce-t-elle. L’an dernier, rien que le long de la frontière entre le Texas et le Mexique, les autorités ont enregistré près d’un million et demi de contrôles de migrants.


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