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Alexandre Saubot tente de se défaire de sa casquette de « Monsieur social » du Medef

« Dans un monde qui se transforme, nous devons en finir avec les négociations qui imposent des contraintes nouvelles aux entreprises ». Certains auditeurs ont dû se pincer en entendant cette phrase prononcée par  Alexandre Saubot , mardi, devant les membres de l’association Ethic lors d’un débat qui réunissaient huit des neuf  candidats à la présidence de Medef . C’était pourtant bien l’ancien président du pôle social de cette organisation patronale qui parlait ainsi. Celui-là même qui a passé une grande partie de ses trois dernières années à négocier des accords interprofessionnels avec les syndicats pour le compte du Medef.

Que ce soit sur l’organisation du dialogue social, l’assurance-chômage, ou encore tout récemment sur  la formation professionnelle , Alexandre Saubot a été le « Monsieur social » de l’organisation patronale. A ce titre, il incarne pour de nombreux adhérents le Medef « à l’ancienne », celui du paritarisme, de la recherche des compromis avec les syndicats, du dialogue avec l’exécutif.

Contraintes pour les employeurs

Or, pour succéder à Pierre Gattaz, ce n’est pas aujourd’hui le courant le plus porteur. D’ailleurs, tous ses concurrents sont  hostiles aux accords interprofessionnels , et tous revendiquent la faculté pour l’employeur de pouvoir négocier à son échelle, c’est-à-dire au niveau de l’entreprise.

Cette crispation sur les accords interprofessionnels ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte notamment à l’accord de début 2013, signé peu avant le départ de Laurence Parisot de la présidence du Medef, sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi. Salué comme une avancée en termes de flexibilité – c’est à cette occasion qu’ont été créés les accords de compétitivité qui n’ont pas eu le succès escompté – cet accord a introduit le temps partiel minimum à 24 heures et la complémentaire santé pour tous les salariés. Autant de dispositifs qui ont été vécus comme de fortes contraintes par les employeurs, notamment dans les PME.

Mécontentement des adhérents

Depuis cet accord, le mécontentement n’a cessé de grandir au sein des adhérents du Medef au point de jeter la suspicion sur toutes les négociations interprofessionnelles. Celles qui ont été menées par Alexandre Saubot n’ont pourtant pas abouti à des mesures très contraignantes pour les entreprises : celle sur la modernisation du dialogue social a échoué, celle sur l’assurance-chômage n’a pas augmenté le coût du travail malgré la légère augmentation des cotisations patronales. Enfin, celle sur la formation professionnelle, que le gouvernement a largement revue, est, dans l’ensemble, en phase avec les attentes des entreprises.

Alexandre Saubot pourrait même s’enorgueillir d’avoir évité aux employeurs  le bonus-malus sur les contrats précaires , dont le gouvernement menace les entreprises depuis un an. Mais, pour être président du Medef, il sait qu’il vaut mieux mettre en avant son expérience de chef d’entreprise que ses talents de négociateur social.


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